Histoires des hommes de la méditerranée
La domination de la méditerranée fut un enjeu central à la perception géostratégique
des pouvoirs la bordant.

- Introduction
- L'Antiquité
- Le Moyen Age
- La Renaissance
- Les Grands Evènements
- L'Europe et la Méditerranée
Introduction
![]() |
![]() |
|
L'histoire de la Méditerranée est importante dans l'origine et le développement de la civilisation occidental. Elle est riche et complexe et est l'une des plus importantes pour l'histoire du monde. La reconnaissance du patrimoine méditerranéen passe par l'identification de ses éléments constitutifs que sont les témoignages monumentaux, architecturaux, archéologiques, environnementaux,.. Cet ensemble indissociable de témoignages constitue l'histoire et l'identité du bassin méditerranéen. Biens matériels et immatériels, transmis entre générations, ils |
reflètent l'âme d'une civilisation qui a apporté au monde sesplus prestigieuses créations. La Mer est l'élément commun, qui a tissé les liens entre les riverains. Le long de ses littoraux se sont installés les peuples, se sont développées les sociétés et les cités. Avec elle, les échanges commerciaux se sont intensifiés, les créations artistiques se sont empruntées, les cultures se sont transmises, les musiques se sont imitées. Montrer, aux delà des différences, les éléments qui à travers l'histoire et ses témoignages rapprochent les peuples est un des objectifs poursuivis par le projet MapMed. |
L'antiquité

Durant l'Antiquité, la Méditerranée était une importante voie de transports maritimes; permettant l'échange commercial et culturel entre les peuples émergents de la région.
Elle connaît un foisonnement de civilisations diverses comme les égyptiens ou les mésopotamiens.
Puis, de grands empires prennent le contrôle des côtes de la mer méditerranée.
La Grèce, Carthagenet Rome sont bien connus pour leur domination autour du bassin méditerranéen.
Ils développèrent le commerce maritime et les guerres navales.

Les Guerres Puniques


|
L'origine de Carthage remonte à 814 av. J.-C., quand une princesse tyrienne, du nom d'Elissa, s'enfuit de la Phénicie pour échapper à la jalousie du roi de Tyr, Pygmalion. Avec ses compagnons, elle s'établit sur la côte nord africaine, dans l'actuelle Tunisie, pour fonder Carthage. Pendant que l'Empire phénicien s'effondrait lentement sous la pression militaire des Assyriens, Carthage connut progressivement un développement économique et militaire tel qu'au VIIe siècle elle reprenait sous son contrôle les colonies phéniciennes du bassin occidental de la Méditerranée. Ses possessions s'étendaient à l'Afrique du Nord et à l'Espagne, à la Corse et à la Sardaigne, à la Sicile et au sud de l'Italie.
Au début de la période qui nous intéresse, entre 264 et 146 avant J.C., Rome connaissait aussi un essor favorable. Sa politique de développement et sa volonté d'hégémonie et ne pouvaient que mener à une confrontation avec la rivale Carthage. Celle-ci avait imposé à Rome et à ses alliés, par de fameux et difficiles traités, une stricte interdiction de navigation, ce que Rome ne put supporter longtemps.
La première guerre punique fut essentiellement une guerre navale, une guerre de vaisseaux à rames.C'est sur la sollicitation des Mamertins de Messine que Rome envoya une armée traverser le détroit et installer un campement en Sicile. Pour les Carthaginois, qui contrôlaient l'île, il s'agissait d'une véritable provocation qui conduisit à la déclaration de la première guerre, dite punique. Et contrairement à l'équilibre des forces au départ, bien plus favorable aux Carthaginois, ce fût Rome qui remporta la domination
|
de la mer. Elle y mobilisa toute son énergie et tous ses moyens : même les riches particuliers eurent à contribuer directement au financement de la construction des galères nécessaires. Très rapidement, les Romains parvinrent à imiter les techniques de construction des vaisseaux puniques. Dés la bataille de Myles, en 260, Rome opposa à la flotte Carthaginoise une flotte de cent quinquérèmes (les cinq) et vingt trières (les trois). Ils améliorèrent à leur avantage la stratégie militaire navale privilégiant l'abordage (grâce au corbeau, sorte de passerelle mobile) et à l'éperonnage. Il y eut au moins six grandes batailles navales au cours de cette première guerre, et Rome, au fur et à mesure du déroulement de la guerre, augmenta le nombre et la force de ses navires, ainsi que le savoir militaire naval de ses généraux. Si les pertes romaines furent importantes, autant d'ailleurs à cause des intempéries maritimes que par le fait des batailles, la suprématie maritime de Rome devint dès lors incontestable. Elle y gagna aussi la Sicile, qui devint province romaine. Carthage perdit beaucoup de navires, mais plus encore la confiance qu'elle avait en sa propre puissance navale. Les deuxième guerre punique (218-201) fut surtout l'oeuvre d'Hannibal qui, parti d'Espagne, franchit les Alpes et mena ses combats jusque sur le sol italien. ce fut une guerre terrestre. La troisième guerre punique (149-146) fut fatale à Carthage, malgré ses ultimes résistances. "Delenda est Carthago" dit l'implacable ennemi Caton. L'orgueilleuse fut définitivement rasée en 146 av. J.-C. |
Le Moyen Age
|
|
|
Les Croisades
|
Depuis la fin de l'empire romain et jusqu'au XIème siècle, l'espace maritime méditerranéen se partage successivement entre diverses influences : barbares sur les côtes nord-occidentales, byzantines à partir du VIème siècle grâce aux conquêtes de Justinien, et enfin islamiques à partir du VIIème siècle jusqu'en Sicile et en Espagne. « C'est dans ces affrontements et ces échanges que s'est formé le monde complexe de la Méditerranée médiévale » (Histoire de la Méditerranée, Carpentier et Lebrun, Seuil, 1998). A partir du XIème siècle, on assiste à l'éveil de l'occident chrétien, et en tout premier lieu des cités maritimes de l'Italie, principalement Amalfi, Venise, Pise et Gênes. Leurs flottes, associées ou non, commencent à ce moment à chasser les musulmans de Sardaigne et de Corse et à lancer des raids sur les côtes maghrébines et espagnoles. Au début de ce siècle, les Normands expulsent les musulmans de Sicile et édifient en Italie leurs premières principautés. En 1072, Palerme est prise par Robert Guiscard, et son fils Roger II prend le titre de Roi de Sicile en 1130 : une nouvelle puissance chrétienne est née en Méditerranée. |
Le Proche-Orient est régulièrement fréquenté par les pélerins au XIème siècle. L'avancée des Turcs présente un danger pour leur sécurité. En 1095, le pape Urbain II annonce la « guerre de délivrance », qui doit accompagner le réveil du sentiment spirituel et le renouveau de l'expansion latine en Méditerranée : reconquista en Espagne et croisades au Proche-Orient. La première croisade est une sorte de pèlerinage terrestre composé de barons, de chevaliers et de gens du peuple dont le but est de délivrer le tombeau du Christ. Elle arrive à Jérusalem en 1099, et met en place les premières principautés féodales orientales : outre Jérusalem, Antioche, Tripoli et Edesse. Pour maintenir ces états très éloignés, conserver ou élargir les conquêtes et régler les litiges locaux, il a fallu organiser huit croisades, et que s'engagent les plus grands souverains du monde occidental : Philippe-Auguste, Richard Cœur de Lion, Frédéric Barberousse, Frédéric II et Louis IX. Deux cent ans de conflits, jusqu'à ce que Saint Jean d'Acre soit repris définitivement par les mamelouks égyptiens en 1291. |
La Dernière Croisade de Saint Louis

|
La huitième croisade : saint Louis à Tunis En 1270, il a 56 ans. Le royaume de France est riche, en paix, et la justice y règne. En Terre sainte, les choses vont moins bien : rivalités internes, menaces mongoles, avancées égyptiennes. Saint Louis est imprégné de «guerre sainte» et l'argent qu'il fournit est insuffisant à régler les problèmes. Aussi, se prépare t-il à une nouvelle croisade et pour cela accepte que son frère, Charles d'Anjou, soit investi roi de Sicile en 1266 par le pape Clément. Le 25 mars 1267, il prend la croix, et les préparatifs commencent. Des impôts sont levés, des nobles et barons réunis, une armée recrutée, des alliances conclues principalement avec le roi d'Angleterre Henri III. Pour la première fois dans l'histoire des croisades, une flotte royale est constituée : saint Louis veut en disposer comme il l'entend. Il va donc acheter, faire construire, ou noliser les navires nécessaires auprès des Génois, des Marseillais et accessoirement des Vénitiens. Tout cela fait l'objet de discussions et de traités durant trois années. Certaines commandes de construction sont datées du mois de mai 1269, ce qui retardera la date de départ prévue initialement, et aura des conséquences fatales. La flotte se réunit dans le port d'Aigues-Mortes construit dans ce but : plus de 70 navires, grandes nefs et autres bateaux ronds, ainsi que les traditionnelles galères. Le Templier de Tyr indique que 16.000 gens à cheval et un très grand nombre de gens à pied et des gens de mer, en tout quelques 45.000 hommes, y embarquent. Les armées croisées ne sont pas uniquement françaises : il y a des soldats des Pays-Bas, des Ecossais, des Espagnols et des Anglo-Gascons. Ils doivent être rejoints ultérieurement par les Anglais et les Siciliens. |
Sur les plus grosses nefs, 800 à 1000 personnes peuvent être embarquées. À cela il faut rajouter les chevaux dans des étables spécialement aménagées (entre 50 et 100 sur les grosses nefs), les approvisionnements et les armements : les bâtiments sont surchargés. Le 2 juillet 1270 la flotte quitte le port d'Aigues-Mortes. Saint Louis embarque sur le Paradis, nave mise à sa disposition par Pietro Doria. Il a confié le commandement de la flotte à Florent de Varennes avec le titre d'Amiral, le premier ainsi nommé par un roi de France. Charles de la Roncière, dans son Histoire de la marine française (2ème édition, Plon, Paris, 1909-1911), considère que ces dispositions marquent la naissance de la marine royale française. Les navires se regroupent à Cagliari, en Sardaigne, pour un conseil au cours duquel saint Louis annonce la première destination de la croisade : Tunis. Cela surprend grand nombre, tout comme les raisons invoquées : convertir l'émir de Tunis, éventuellement s'emparer des richesses de la ville, renforcer le soutien financier de la croisade, couper les bases arrières égyptiennes. La flotte en repart le 15 juillet 1270, et grâce à un vent favorable atteint la côte Tunisienne en deux jours. On sait ce qu'il advient de cette fatale campagne : l'émir Muhammad refuse de se convertir, et le siège de Tunis commençe. En plein été, la canicule frappe les armées, alors que les musulmans harcèlent sans discontinuer les campements francs. L'eau vient à manquer, et les maladies (tysenteries, typhus) affectent l'armée : les hommes meurent. Quinze jours après le débarquement, saint Louis s'alite. Sa maladie empire, et le 25 août 1270 il expire. Son corps est bouilli dans de l'eau et du vin, les chairs et les entrailles séparées des ossements qui seront ramenés en France. Le même jour, la flotte de son frère Charles X arrive de Sicile. Il poursuit les hostilités, mais ne tient pas à s'éterniser à Tunis. Contre une indemnité de guerre (210 000 onces d'or) et d'autres obligations, une trêve est finalement signée avec l'émir. Le jeudi 20 novembre, on rembarque pour la Sicile. |
La Renaissance
|
Les batailles navales au XVIème.
(1538) Défaite de Prevesa, en Grèce Barberousse, avait annexé Tunis pour le compte du Sultan. Son souhait était de constituer un dominion ottoman, de Tripoli à Gibraltar, sous son propre contrôle. Mais Tunis avait une position stratégique trop importante, à portée de Malte et de la Sicile. Aussi, en 1535, les Espagnols levèrent-ils une flotte de quelque 400 navires sous le commandement d'Andréa Doria pour sa reconquête. La prise de la Golette, verrou du port, dura 24 jours, avec de grandes pertes. Ce fut grâce aux tirs répétés du galion des Chevaliers de Malte, un huit ponts d'une taille sans pareille à l'époque, qui força les murailles de la forteresse . 80 galères furent coulées, et plus de mille captifs chrétiens libérés. Tunis leur fut reprise, nous l'avons vu, en 1574. En 1541, Charles-Quint échoue dans sa conquête d'Alger En 1551, les Turcs reprenaient Tripoli En 1559, les Espagnols et leurs alliés décidèrent de récupérer Tripoli, d'où Dragut menait des opérations dévastatrices. L'escadre, commandée par Juan de la Cerda, Duc de Medinaceli et Vice-Roi de Sicile, était composée de 20 galères espagnoles, 16 génoises, 14 napolitaines, 9 siciliennes, plus diverses galères de Malte, Florence et des Etats pontificaux. En tout, 70 galères et plusieurs vaisseaux embarquant plus de 20.000 hommes, arrivèrent en vue de Djerba qu'ils occupèrent sans opposition. Mais De la Cerda hésita trop longtemps à attaquer Tripoli. L'armada turque de Piali Pacha, deux fois plus nombreuse, fut alors annoncée dans les eaux maltaises. La panique saisit les alliés, qui ne pensèrent plus qu'à sauver leurs galères. L'affrontement eut cependant lieu : 27 galères alliées furent coulées, 18.000 hommes tués et le verrou de Djerba repris par les Turcs. Cette défaite pesa lourdement sur le moral des Espagnols et de leurs alliés, qui commencèrent à douter de leur capacité, et à croire en l'invincibilité de la force ottomane. Le 19 octobre 1562, l'escadre de galères d'Espagne était au mouillage d'Herradura, au sud de l'Espagne, dans l'attente de se porter sur Oran. Une tempête s'abattit sur les 28 galères au mouillage. 25 d'entre elles furent naufragées et 5.000 personnes noyées dans ce désastre qui laissera la force navale espagnole réduite à quelques galères. En 1563, peu après la tentative avortée des Ottomans de conquérir Mazalquivir, les Espagnols décidèrent de s'approprier le Penon de Velez de la Gomera, entre Melilla et Ceuta, repère de pirates barbaresques. Menée par Sancho de Leyva, la tentative échoua, et les attaques pirates sur les côtes espagnoles et jusqu'aux Canaries se poursuivirent avec vigueur. En 1564, Garcia de Toledo était nommée Vice-Roi de Sicile et Capitaine général des galères à la suite d'Andréa Doria. Homme prudent, il décida de réunir une flotte imposante, composée de 93 galères, pour reprendre le Penon de Velez. Les 16.000 soldats embarqués n'eurent pas de difficultés pour accomplir leur mission, ce qui redonna le moral aux alliés. Cette prise de modeste importance réduisit tout de même la présence pirate, entre Alger et le détroit de Gibraltar à la seule place de Tétouan. Ce mouillage pirate fut rendu inopérant en coulant dans la rivière plusieurs embarcations pleines de mortier, immobilisant par le fait 12 fustes. En 1565, le siège de Malte, marqua un tournant dans le conflit entre les deux Empires. Même s'il ne s'agît pas d'une victoire navale à proprement parler, le caractère très insulaire de Malte, sa position en plein coeur de la Méditerranée, en fit une victoire "maritime" par l'importance de la flotte ottomane engagée dans l'opération (plus de 200 vaisseaux), par le fait que les Chevaliers soient des soldats marins, et que la victoire finale soit due à l'arrivée d'une flotte de débarquement. Il n'y eut pas de combat naval, mais les navires turcs participèrent activement au bombardement des places fortes, une galère ottomane ayant d'ailleurs été coulée devant La Valette par un boulet en provenance de St Elme. Entre 1565 et 1571, les Espagnols et leurs alliés concentrèrent leurs efforts au combat contre les Morisques d'Espagne, et à la défense de leurs côtes contre les attaques corsaires. En 1568, Juan d'Autriche, frère de |
Philippe II, et nouveau Capitaine général, répartit sa puissance navale par zones entre les différents alliés traditionnels. En 1568, plus d'une centaine de leurs galères croisaient en Méditerranée occidentale, capturant une centaine de navires algériens et barbaresques, et forçant les corsaires à rester dans leurs ports. Pacha Piali, avec sa flotte de 120 galères, ne put dès lors s'engager vers l'Ouest sans risques. Sa flotte se diriga alors vers l'Adriatique, menaçant Venise et frappant quelques ports de la côte italienne. En 1566, Venise avait déjà perdu Chypre, et la Monarchie espagnole, avec le Saint-Siège, décidait de venir en aide à Sérénissime. Ce fut le début de la Sainte Alliance, qui força Pacha Ali à abandonner l'Adriatique. Les objectifs de la Sainte Alliance étaient défensifs en même temps qu'offensifs, destinés à la protection des intérêts de la Chrétienté dans la Méditerranée, et la conquête des Lieux Saints dans l'esprit des croisades. Juan d'Autriche, Généralissime de la Ligue, fut le ciment de cette unité. Les forces navales de l'Alliance se réunirent à Messine à partir du 23 juillet 1571. L'Armada chrétienne comptait 207 galères, 6 galéasses et 20 navires de transport. Le potentiel humain atteignait le chiffre de 34.500 soldats, 43.500 rameurs et 13.000 marins, soit 93.000 hommes au total. En face, les Turcs se préparaient aussi, et Ali Pacha réunit 230 galères et 70 galiotes, pour 92.000 hommes au total. Son Armada comptait 750 pièces d'artillerie, contre 1.200 pour Juan d'Autriche, soit une supériorité de 60%, sachant que l'artillerie n'était utilisée qu'au début des affrontements, avant la phase d'abordage. Les galéasses de l'Alliance apportèrent un soutien de poids, principalement grâce à leur puissance de feu. En revanche, les galères ottomanes étaient plus légères et plus agiles que celle des alliés. Le 16 septembre, l'Armada de la Sainte Alliance quitta Messine, longea la côte calabraise, traversa le canal d'Otrente, et mouilla au nord de Corfou. Pendant ce temps, les Turcs tenaient conseil de guerre, et décidaient d'affronter l'ennemi, de préférence aux abords de l'île de Céphalonie. Le 7 octobre, la flotte de l'Alliance embouqua le golfe de Lépante, entre l'île d'Oxia et la pointe Scrofa. Celle d'Ali apparut à l'embouchure du Golfe, naviguant vers Cephalonie.
Chaque protagoniste essaya de déborder l'adversaire pour le prendre à revers. Au nord, le long de la côte, les galères rivales étaient déjà aux prises. Au sud, Juan Andréa Doria fit force rames vers le sud-ouest pour ne pas laisser Uluch Ali déborder la ligne chrétienne. Au centre, sur la Réale, Juan d'Autriche engagea contre la Sultana d'Ali Pacha. Le combat des Armadas, féroce, dura jusqu'à 16 heures. La déroute ottomane fut presque totale : 15 de leurs galères furent coulées, 190 capturées, 30.000 hommes moururent au combat, dont Ali Pacha, et 18.000 hommes furent faits prisonniers. Les pertes de la Sainte Alliance se montaient à 15 galères et 8.000 morts. La victoire de Lépante marqua la fin des aspirations ottomanes de dominer la Méditerranée centrale et à fortiori l'occidentale. Elle ne fut pas suffisamment exploitée par la Sainte Alliance, qui ne poussa pas plus loin son avantage. La campagne de 1572, le 7 août, amena les flottes à se rencontrer de nouveau près de Cerifo, mais les Turcs, pourtant plus nombreux, refusèrent le combat. La campagne se solda par quelques escarmouches sans grande importance. En automne de la même année, la Sainte Alliance prit fin. Elle eut le grand mérite de prouver la supériorité des flottes occidentales, et la possibilité d'union de la chrétienté, ainsi que d'amener à la conclusion, le 7 mars 1573, d'un traité de paix avec la Sublime Porte, au prix pour cette dernière de conditions extrêmement dures. En 1573, le 24 septembre, Juan d'Autriche, avec 104 galères et 20.000 hommes, s'empara de Tunis et de Bizerte. Le Sultanat, piqué par l'action, expédia dans l'hiver 1574 une force de 230 galères et de 40.000 hommes pour récupérer Tunis et La Golette, ce qu'il réussit avec de lourdes pertes. Sur cette situation de fait, les deux parties décidèrent tacitement de maintenir cet équilibre, ayant chacun d'autres priorités. Cette situation resta en l'état pendant plusieurs décades. |
|
|
|
|
|
Les puissances maritimes au XVIème Il semble que durant cette époque, l'histoire de la Méditerranée doive se lire avec des yeux espagnols, tant la domination de l'Empire sur toute l'Europe est forte au XVIème siècle. Dans le large conflit qui l'opposa à la dynastie des Valois-Angoulêmes, l'Italie fut un principal sujet de disputes. Le contrôle de la mer était alors pour l'Espagne un avantage inégalable. Les escadres de galères espagnoles empêchaient toute velléité de débarquer ou d'embarquer rapidement les troupes françaises nécessaires, et en dépit de l'aide importante que François I reçût de Soleiman le Magnifique, et l'appui de la puissance navale des flottes de Barberousse et de Dragut, les Espagnols sortirent victorieux de ce conflit. Ainsi, depuis 1521, plusieurs Etats italiens faisaient partie de la Monarchie hispanique, ou étaient politiquement liés à elle : la Sardaigne, Naples et la Sicile y sont intégrés depuis les Rois catholiques; Carlos I y incorporera le Duché de Milan, le Duché de Florence est sous le contrôle des alliés Médicis ; Mantua, Modène et Ferrara, le Duché de Parme, celui de Savoie étaient aussi alliés de l'Empire, qui respectaient leurs politiques intérieures ; la République de Gênes, liée à la Monarchie par des années d'intérêts économiques et politiques, était un allié précieux et puissant, dont la position géographique constituait une tête de pont de première importance pour le contrôle de la Méditerranée centrale. La vice-royauté de Naples disposait en Toscane de ports qui permettent d'assurer la sécurité de la mer Tyrrhénienne contre les Turcs, les pirates d'Afrique et les autres ennemis. Son engagement maritime était donc total. Les Etats pontificaux disposaient d'un large territoire en Italie centrale, depuis le Royaume de Naples et jusqu'aux portes de Venise. Les Etats eurent une politique changeante vis-à-vis de l'Empire espagnol. L'alliance avec François I leur fut néfaste et aboutit en 1527 au sac de Rome par le duc d'Albe. A partir de cette date, ils entrèrent dans l'orbite des pays italiens alliés, et jouèrent un rôle important, tant moralement que financièrement et par l'engagement de sa flotte (bien qu'elle soit limitée), dans la constitution de la Sainte Ligue qui permit de réunir et d'unifier les Etats Chrétiens contre le Sultan Selim II, et de remporter ainsi la décisive bataille de Lépante, en 1571.. Venise, au XVIe siècle, était encore la ville la plus riche, la plus active et la plus luxueuse du monde. Certes, ses grandeurs étaient derrière elle, et l'on pourrait croire que les découvertes des Indes avaient signé son déclin immédiat. |
Il n'en était rien, et la Renaissance tardive qu'elle connaissait au XVIe était le signe d'une vitalité artistique, sociale et économique très forte. Au cours de la première guerre turque, entre 1463 et 1479, Venise gagna Chypre, qui fut un des ressorts de sa grandeur, ainsi que la place stratégique de Crète, et Corfou. Elle paya tribut pour y conserver ses comptoirs.
La République donna à la Méditerranée un de ses plus grand amiral, Andréa Doria, qui fut incorporé par l'Empire comme Capitaine Général de la Mer, commandant de l'escadre des Galères, dès 1532, suivi par son neveu Juan. Aux cotés de l'Espagne et de l'Empire, les Génois participèrent à toutes les opérations sur la côte nord-africaine, luttèrent sans merci contre les Turcs, et participèrent à la victoire de Lépante. |
Les Grands Evènements
|
Trois évènements majeurs ont marqué l'histoire maritime de la Méditerranée : les guerres puniques, qui ont permis aux Romains d'établir leur hégémonie sur la Mare Nostrum, les Croisades, qui ont imposé à des chevaliers terriens de traverser les mers pour appuyer leurs conquêtes, et enfin les multiples confrontations entre les Empires Chrétiens et Musulmans au XVIe siècle. Les évènements qui s'y sont déroulés ont montré l'importance de la domination préalable de la mer pour asseoir les puissances, véhiculer les modèles et les idées, favoriser le commerce et l'économie. Au cours de ces périodes les confrontations navales ont été d'une violence extrême : plus de mille vaisseaux furent perdus au cours des dix grandes batailles navales ayant opposé les Romains aux Carthaginois lors de la première guerre punique. La seule bataille de Lépante, en une journée de 1571, coûta la vie à quelque quarante mille hommes. On pourrait penser que des évènements aussi importants auraient laissé des traces matérielles susceptibles d'appuyer les écrits et de mieux faire comprendre comment s'organisaient ces expéditions, comment ces navires étaient construits, aménagés et équipés, comment ils se manœuvraient, quels étaient les armements mis en action, quelles étaient les cargaisons et marchandises transportées, quelles étaient les fonctions des hommes à bord, etc.... Ce n'est pas le cas. Et si l'on peut s'étonner du faible nombre de navires de guerre de la période antique retrouvés par rapport aux navires de commerce bien plus |
nombreux, cela s'explique par le fait que les navires de commerce transportaient généralement des amphores. Ce sont les tumulus formés par l'amas de ces récipients qui sont généralement repérés sur les fonds marins. En revanche, les vaisseaux de guerre ne transportaient que peu ou pas de marchandises. Les structures en bois, dans certaines circonstances (par fait de guerre ou que ces navires aient heurté violemment des hauts-fonds) peuvent s'être entièrement disloquées. Les batailles navales en vue des côtes ont été nombreuses, et la probabilité de découvrir ces rares vestiges existe, d'autant plus que les moyens techniques maintenant à disposition permettraient de faciliter ces recherches. Ainsi, les archéologues sous-marins n'ont découvert que de très peu de vestiges de ces périodes : pour ainsi dire aucun témoignage provenant des guerres puniques, aucune nef croisée découverte à ce jour, aucune galère du XVIe trouvée in situ. La Méditerranée détient le patrimoine archéologique sous-marin le plus riche du monde, mais des domaines de recherche restent inexplorés, alors que ces évènements sont parmi ceux qui ont le plus marqué son histoire. |
L'Europe et la Méditerranée
Euromed
|
Les relations entre l’Union européenne et les pays de la rive Sud et Est de la Méditerranée sont encadrées depuis 1995 par le processus de Barcelone. Ce processus œuvre pour la construction d’une zone euro-méditerranéenne de prospérité partagée et l’instauration progressive du libre-échange, au travers notamment de la mise en œuvre d’accords d’association avec chaque pays de la zone, formant l’ensemble du Partenariat euro-méditerranéen. Le Partenariat euro-méditerranéen a mis en place des accords d’association portant sur trois volets : - la définition d’un espace commun de paix et de stabilité par le renforcement du dialogue politique et de sécurité (volet politique) -la mise en place d’un partenariat économique et financier et l’instauration progressive d’une zone de libre-échange d’ici 2010 (volet économique)
Ces trois volets du processus de Barcelone bénéficient du soutien financier du programme qui leur sont dédiés : MEDA, dont l’enveloppe financière, sur la période 2000-2006, s’élève à 5,35 milliards d’euros. À ce dispositif s’ajoutent d’importantes interventions de la Banque européenne d’investissement (BEI) regroupées au sein de l’instrument dédié au Partenariat euro-méditerranéen, la facilité euro-méditerranéenne d’investissement et de partenariat (FEMIP). En 2003, la FEMIP a accordé 2,1 milliards d’euros de prêts nouveaux et d’ici à 2006, la BEI prévoit d’investir 8 à 10 milliards d’euros. Dans ce cadre, le programme Euromed Heritage vise à fortifier les relations entre l’UE |
et les partenaires méditerranéens, et donne son appui aux pays méditerranéens dans leurs initiatives de promotion et de préservation de leur patrimoine. Euromed Heritage crée une occasion unique pour les partenaires euro-méditerranéens de se connaître les uns les autres, et pour les pays du sud, de valoriser au maximum leur patrimoine. Travaillant en parallèle avec d'autres programmes œuvrant en faveur du dialogue culturel à travers des échanges humains, scientifiques et technologiques, Euromed Heritage veut faire de la conservation et de l'entretien du passé méditerranéen l'un des piliers de son avenir. Lancé par l’Union européenne et les pays des rives sud et est de la Méditerranée à Barcelone en novembre 1995, le Partenariat euro-méditerranéen a pour ambition de créer avec les pays du Maghreb et du Mashrek (désigne l'Orient arabe) une zone de paix et de prospérité commune. Organisé selon trois volets (politique, économique et financier, culturel et humain), il est placé depuis l’origine sous l’égide des ministères des Affaires étrangères, y compris le volet économique qui a naturellement vocation à être sous l'égide du ministère de l’économie, des finances et de l’industrie. Le pilotage du Partenariat est notamment assuré par une réunion ministérielle Affaires étrangères tous les six mois. Chaque pays est représenté par un Ambassadeur au sein du comité des hauts fonctionnaires Euromed. Par ailleurs, des recommandations sont émises lors de réunions ministérielles spécifiques, notamment dans le cadre de la coopération industrielle (depuis 1996), du commerce (depuis 2001), de l’économie et des finances (depuis 2005).
|

La politique culturelle européenne
Ces objectifs ont été énoncés dans le traité de Maastricht de 1992, qui a reconnu officiellement pour la première fois la dimension culturelle de l'intégration européenne. Mais des initiatives culturelles avaient été lancées dès avant cela, comme le programme qui, depuis 1985, sélectionne chaque année avec succès la capitale européenne de la culture. Les industries culturelles de l'UE - cinéma et audiovisuel, édition, musique et artisanat - constituent d'importantes sources de revenus et d'emplois puisqu'elles font travailler près de sept millions de personnes. L'Union a une responsabilité économique vis-à-vis de ce secteur et cherche à garantir les conditions nécessaires pour permettre aux industries européennes d’être concurrentielles au plan international. C'est pourquoi l'UE gère des programmes de soutien à certaines industries culturelles et les encourage à saisir les occasions offertes par le marché unique et les technologies numériques. Elle s'efforce également de créer un environnement dynamique pour ces industries en écartant les obstacles bureaucratiques, en offrant un accès plus facile au financement, en apportant une aide avec des projets de recherche et en encourageant une coopération plus étroite avec des partenaires à l'intérieur comme à l'extérieur de l'Union. L'Union intègre également une dimension culturelle dans un grand nombre de ses autres domaines politiques tels que l'éducation (notamment l'apprentissage des langues), la recherche scientifique, le soutien aux nouvelles technologies et à la société de l'information, et le développement social et régional. À eux deux, le Fonds social européen et le Fonds européen de développement régional ont consacré jusqu'à 500 millions d'euros par an à des projets contenant un élément culturel. À titre d'exemple, le Fonds social européen soutient en Italie la fondation Arturo Toscanini qui, depuis le milieu des années 1990, organise des formations pour les musiciens sans emploi. Il peut s'agir de travailler avec un orchestre symphonique complet et/ou de suivre des cours dispensés par de grands musiciens, professeurs et solistes de la scène européenne et internationale. La fondation offre également des formations pour chanteurs, musiciens et techniciens du monde de l'opéra avec l'aide des technologies nouvelles et de la réalité virtuelle dans le cadre d'un programme spécial d'enseignement à distance. Dans ses lignes directrices pour le Fonds de développement régional, la Commission européenne demande aux gouvernements des États membres de promouvoir le développement culturel dans les régions les plus pauvres de façon à les aider à affirmer leur identité, à attirer le tourisme et à créer des emplois dans des domaines tels que les services en ligne et les médias. Le fonds fournit actuellement deux tiers du budget de 600 millions d'euros consacré à un programme sur sept ans destiné à préserver et valoriser le patrimoine archéologique de la Grèce. L'un des programmes phare de l'UE, Culture 2000, fonctionne sur six ans, jusqu'à la fin 2006, avec un budget de 236 millions d'euros. Les objectifs de Culture 2000 sont de: contribuer à l'instauration d'un espace culturel européen; * développer la création artistique et littéraire; * promouvoir la connaissance de l'histoire et de la culture européennes au sein de l'UE et au-delà; * développer les sites du patrimoine et les collections culturelles d'importance européenne; * stimuler le dialogue interculturel et l'intégration sociale. *Le programme Culture sera renouvelé pour une nouvelle période de sept ans à partir de 2007, jusqu'en 2013. Le budget sera de 400 millions d'euros. Le programme Media, dont le but est de renforcer la compétitivité du secteur audiovisuel européen, dispose d'un budget encore plus important que Culture 2000. Le programme actuel qui court jusqu’en décembre 2006 avec un budget de 513 millions d’euros se compose de deux parties, MEDIA Plus et MEDIA Formation, qui contribuent à: * offrir des formations aux professionnels; * mettre sur pied des projets et entreprises de production; * distribuer des films de cinéma et des programmes audiovisuels; * promouvoir l'industrie européenne chez elle et dans le monde entier; * fournir un accès au financement aux petites et moyennes entreprises (PME) du secteur audiovisuel. Comme le programme Culture, le programme Media repart également pour une nouvelle période de sept ans dès l'expiration de la période actuelle. Le budget pour 2007-2013 sera d'environ 755 millions d'euros. Chaque année, une ou deux villes sont choisies comme capitales européennes de la culture, ce qui leur ouvre droit à une aide financière au titre de Culture 2000. Ces fonds financent des expositions et des manifestations qui mettent en lumière le patrimoine culturel de la ville et de sa région, ainsi que toute une série de représentations, concerts et autres spectacles qui rassemblent des acteurs et artistes de toute l'UE. L'expérience montre que le programme a eu un impact à long terme sur le développement de la culture et du tourisme dans les villes choisies. Le programme devait initialement s'achever en 2004, mais son succès est tel qu'il a été renouvelé pour 15 années supplémentaires. La ville grecque de Patras est la capitale de la culture pour 2006. En 2007, ce titre sera partagé par le Luxembourg et la ville de Sibiu, située en Roumanie, qui aura alors rejoint l'Union européenne. La diversité linguistique est la pierre angulaire culturelle et démocratique de l'Union européenne. Non seulement les langues ouvrent des portes sur d'autres cultures, mais elles accroissent aussi de façon concrète notre aptitude à tirer profit de contacts culturels lorsque nous voyageons ou travaillons dans d'autres pays de l'Union. L'objectif à long terme est d'encourager les citoyens européens à apprendre deux langues en plus de leur langue maternelle. L'Union intervient également pour préserver les langues régionales et minoritaires dans l'Union européenne (basque, breton, catalan, frison, gallois, etc.). On estime que plus de 40 millions de personnes dans l'UE parlent une langue maternelle qui n'est pas la langue officielle de leur pays d'origine. Le soutien à la diversité linguistique est également l'un des principes de fonctionnement de l'UE. Avec l'élargissement en 2004, le nombre des langues officielles de l'Union passe de 11 à 20. L'UE exige que sa législation soit disponible dans toutes les langues et ainsi accessible à tous les citoyens. Elle garantit également la possibilité pour tous les citoyens de l'UE d'écrire à une institution ou un organe de l'UE et de recevoir une réponse dans leur propre langue. De même, tout député au Parlement européen a le droit de représenter ses électeurs dans leur propre langue lorsqu'il prend la parole.
Langue, littérature, arts du spectacle, arts plastiques, architecture, artisanat, cinéma et radiodiffusion, tous concourent à la diversité culturelle européenne. Bien qu'originaires d'un pays ou d'une région spécifique, ils représentent une partie du patrimoine culturel commun de l'Europe. L'objectif de l'Union européenne est double: préserver et promouvoir cette diversité et contribuer à la rendre accessible aux autres.
L'aide de Toscanini
Culture 2000
Capitales de la culture
Le programme "Capitales de la culture" vise à mettre en évidence la grande diversité de la culture européenne, sans pour autant oublier la source commune dont elle provient en grande partie.
Les langues












